La tante

By Caroline Brouillard

Rendre visite à la tante. Lui rendre visite car l’oncle est parti. Retrouvailles au son du glas. Rencontrer le mort. Rencontrer la solitude de sa femme, de cette femme décharnée par ses quatre-vingt-cinq ans. Rencontrer la solitude de sa tante, celle de l’autre. La solitude des autres c’est quelque chose. Et si on y palliait ? Le peut-on ? Que faire de la solitude des autres, que faire de la sienne ? Elle entend, le discours de sa tante, celui qui ne se tarit pas. Celui du besoin. Dire pour exister. Dire pour être quelque chose. Se situer dans la résonance des mots. S’entendre. S’écouter. Aucun égoïsme. Un besoin pour exister. Une femme aux mots tendres qu’on écoute. C’est la mort d’un mari qu’elle raconte. Toute sa religion construite pour apprivoiser sa mort : « Il sera toujours heureux dans la lumière. ». Une femme aux mots tendres, une promenade dans l’été débutant, encore des mots et ses « merci ». C’était aujourd’hui. Quelle musique que ses sons. Son amour pour le mari. Mort dans ses bras et dans ses mots tendres. « Une bien belle mort… ». Le médecin est arrivé, tard, le corps était éteint. Les mots auxquels on pense pansent. Et cette réflexion : « Je suis la nièce, mais je suis aussi l’étrangère. ».

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Une réponse vers «La tante»

  1. Legion dit :

    Et bien, tu as une sacré plume, très mature je trouve ! Tu tiens quelque chose de très intéressant, continue à écrire, je continuerai à te lire avec plaisir !

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